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Sortir de l’impasse de la dichotomie « nature/culture » : exploration du concept de socio-écosystème et ses applications dans l’étude du Quaternaire et des sociétés anciennes

 Angélique Van de Luitgaarden1, Leïla Hoareau2

1 Doctorante Inrap, UMR 5608 TRACES

2 UMR 5608 TRACES

  

On définit généralement l’idée de “nature” comme l’ensemble des éléments qui constituent la réalité matérielle, indépendante de l’être humain et de son action. Cette vision profondément anthropocentrique de la “nature” impose de voir “les activités humaines […] comme des facteurs de perturbation du fonctionnement naturel des écosystèmes” (Maris, 2018, p. 21). Le concept d’“environnement” n’est guère plus satisfaisant et assimile lui-aussi les activités humaines à un perturbateur. Les conséquences du changement climatique et la nécessité d’une adaptation ont poussé les chercheur∙ses à repenser leur(s) cadre(s) conceptuel(s) : séparer l’humain du non-humain dans notre compréhension diachronique des sociétés anciennes, autant que des trajectoires environnementales, est une limite qu’il nous faut dépasser, et qui pourtant persiste.

 Le concept de “socio-écosystème”, développé d’abord en économie par E. Ostrom, puis repris rapidement par les sciences de la matière et du vivant, ne permet pas tout à fait de “se départir complètement du boulot de la dichotomie nature/culture” (Ostrom, 1990 ; Giraudoux, 2022, p. 12). Il ouvre toutefois la porte à la prise en compte conjointe des interrelations et adaptations des humains et des non-humains (faune, flore, géosystème, etc.). Cela demande de prendre en compte un nombre d’agents considérable,“des dynamiques non-linéaires, avec des seuils, des boucles de rétroactions, des délais, des résiliences, des hétérogénéités, et des surprises” (Liu et al., 2007, p. 1513).

 L’objectif de ce workshop est d’ouvrir la discussion sur ces concepts et leurs articulations, conceptualisées ou non, dans nos pratiques de recherche, que ce soit sur le biosystème, le géosystème ou les sociétés humaines, passées et actuelles. Nous voulons créer un espace d’échanges transdisciplinaires, à l’instar des Zones Ateliers (Bretagnolle et al., 2019), afin d’explorer les potentialités de collaboration (hyper)diachroniques, que ce soit dans le cadre citoyen de l’adaptation au changement climatique comme dans celui plus fondamental, de l’appréhension des sociétés anciennes.

 

 

 

Bibliographie

 Bretagnolle V. et al., 2019, « Action-orientated research and framework: insights from the French long-term social-ecological research network », Ecology and Society, 24, 3.

 Giraudoux P., 2022, Socio-écosystèmes : l’indiscipline comme exigence du terrain, London, ISTE editions, coll. « Encyclopédie Sciences, Écosystèmes et environnement, Socio-écosystèmes », 323 p.

 Liu J. et al., 2007, « Complexity of Coupled Human and Natural Systems », Science, 317, 5844, p. 1513‑1516.

 Maris V., 2018, « Le concept de « nature » », dans La part sauvage du monde, Paris, Le Seuil, coll. « Anthropocène », p. 19‑36.

 Ostrom E., 1990, Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, 1ère édition., Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Canto Classics ».

  

 

 

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